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    Consigne de lecture d'un conte

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    sun_chine18

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    Consigne de lecture d'un conte

    Message  sun_chine18 le Sam 17 Avr - 12:22

    Ce conte est sérieux comme tous les contes dignes de ce nom. Il est souvent mystérieux, voire énigmatique. Cela peut être l’occasion pour toi de t’interroger sur ce que tu vis dans l’apprentissage, c’est sans doute aussi l’occasion d’ouvrir un débat avec tes condisciples et ton professeur.

    Consigne de lecture : Lis le conte suivant en essayant de retrouver les différentes méthodes d’apprentissage découvertes par le personnage principal. Discutes-en ensuite avec tes condisciples.

    Il était une fois un homme ou une femme, ce sera comme tu veux… Tout ce qu’il faisait, il le faisait très bien mais très vite. Il était remarquable, performant, mais…agité. Or cet homme avait une passion : son jardin et son verger. Il s’était initié à la culture et les moments qu’il passait là étaient pour lui agréables et essentiels.
    Or, un jour du mois d’aout alors qu’il passait près de ses arbres et de ses plants, il eut l’idée de tâter les fruits et les légumes. Ceux-ci étaient beaux, luisants, appétissants mais durs, froids au toucher et très lourds. Notre homme se pinça, croyant qu’il rêvait, mais il dut finalement se rendre à l’évidence : ses légumes et ses fruits s’étaient purement et simplement pétrifiés ! Il retourna ses livres sans trouver un mot d’explication. Il essaya de demander des conseils et on le prit pour un fou… Alors il s’arrêta et réfléchit. Pour une fois qu’il s’arrêtait…
    Il était assis sous le plus vieil arbre de son jardin quand tout à coup un grand oiseau se posa dans l’arbre :
    - Je sais ce qui te tracasse… Tu dois partir sur la mer. Là, tu trouveras des vergers à celui-ci semblables, des arbres à celui-ci semblables et des oiseaux à moi semblables, ce sont mes frères… Va et apprends tout ce que tu peux apprendre….
    - Mais je ne sais pas naviguer ! Comment vais-je me repérer dans toute cette aventure ? On m’a dit que les étoiles peuvent m’indiquer le chemin. On m’a dit qu’il y avait partout des signes qui pourraient me soutenir. Certains disent même que ma légende personnelle est écrite quelque part…
    - Rien n’est écrit. C’est toi qui es à même d’écrire ton histoire. Bien sûr, tu n’es pas né nulle part, mais tu es capable de donner du sens à ce qui t’arrive.
    - C’est un travail énorme…
    - C’est un travail passionnant. Le monde est à découvrir et à inventer, le monde extérieur et le monde intérieur. Le monde intérieur c’est, entre autres, ta façon d’apprendre. Ce voyage au-delà des mers, si tu l’entreprends et si tu es attentif à ce que tu fais, ce voyage t’apprendra pourquoi les fruits sont pétrifiés.
    - Tu le sais ! Dis-le moi !
    - Non, je ne le sais pas. Le sens est à construire et il n’y a rien d’écrit. Il n’y aura rien d’écrit pour toi sinon par toi… »
    Et notre homme partit. Rien n’aurait pu l’arrêter. Il voulait connaitre la clé de l’énigme des fruits pétrifiés. Coute que coute !
    Il arriva au bord de la mer. Il s’engagea comme matelot début car il avait passé l’âge d’être mousse. Le capitaine n’était pas bavard, comme tous les vieux loups de mer et ses compagnons non plus. L’homme observa beaucoup, mais il avait peine à retenir l’essentiel. En fait, il ne savait pas quoi regarder, sentir, écouter. Il devait avoir l’air malheureux car un jour le capitaine lui parla. Sa voix avait quelque chose de rassurant. « Ce marin est déjà allé loin », pensa notre homme… Et le capitaine lui dit le savoir du marin, celui qui n’a pas besoin de cartes marines.
    - Elles sont là parce que les assurances l’exigent…mais moi je me fie plus au vent, à la couleur changeante des flots, au parfum de sel quand le jour se lève… Pour observer tout cela, tu dois…
    Le capitaine était intarissable… Notre homme savait maintenant ce qu’il devait regarder, sentir, écouter, ….
    - Tu as vraiment envie d’apprendre, continua le capitaine, mais comment fais-tu pour fixer tout cela ?
    Sans attendre sa réponse, il enchaina :
    - Mais je vous tout dans ma tête. Comme au cinéma, mais en plus précis et puis, je peux faire défiler des images au ralenti ou même à l’envers. Ce qui compte c’est travailler dans sa tête… Comme tu le veux, mais avec précision.
    - Moi, je crois que je me parle et j’aime aussi me souvenir du mouvement.
    - Hum ! dit le capitaine.
    Il sourit et notre homme reçut ce sourire comme un encouragement. Il se sentait…heureux, oui ! heureux, tout simplement…
    - Nous arriverons bientôt dans l’île que tu cherches.
    Quelques jours plus tard, ils arrivèrent en effet au large de l’île des signes. Notre homme descendit seul à terre. Il trouva un verger au premier semblable, un arbre au premier semblable et dans l’arbre un oiseau au premier semblable.
    - Tu as remarqué qu’ici les arbres portent non des feuilles mais des lettres, dit l’oiseau sans préambule ?
    - Oui, mais qu’est-ce que cela veut dire ?
    - C’est toi qui dois les assembler, c’est toi qui peux leur donner du sens.
    - N’importe comment ?
    - Non, ces lettres groupées sur une branche sont comme les atomes crochus, ils sont faits pour s’assembler. C’est comme pour les mots d’un texte ou les idées.
    - Oui, mais parfois, on n’y arrive pas.
    - Alors, il faut recommencer. Et si la difficulté persiste, il faut se donner la permission de construire un ordre différent…
    L’homme réfléchit beaucoup. Il se promena longuement. Il comprit que pour construire le sens complexe, il faut chercher les fameux petits « crochets »… C’est ainsi qu’il tomba sur le mot ARC… L’oiseau intervint :
    - Pour toi, qu’est-ce que cela signifie ?
    - C’est l’instrument du chasseur.
    - Bien sûr, mais encore ? Dis-toi qu’il y a souvent plusieurs sens aux choses et aux signes anciens et profonds.
    - C’est… C’est aussi semblable à une lyre.
    - Oui, on dit que tous instruments de musique en dérivent. Et ce n’est pas tout. Cherche encore. Pense à l’arc-en-ciel, par exemple.
    - Mais où s’arrêter ?
    - …
    - Je crois que je suis prêt maintenant à continuer ma route. Merci pour tout.
    Il remonta à bord et le navire repartit aussitôt. Le capitaine ne disait rien, mais son visage dégageait quelque chose d’encourageant.
    Quelque temps plus tard, ils abordèrent l’île aux énigmes. Notre homme y trouva un verger aux autres semblable, un arbre aux autres semblable et, dans l’arbre, un oiseau aux autres semblable…
    - L’île aux énigmes est une épreuve apparemment plus difficile que la première. Prends en main un de ces casse-tête !
    Notre homme prit en main cet assemblage de morceaux de bois imbriqués les uns dans les autres… Le but était de le démonter.
    - En fait, il faut du temps et de la méthode : il faut que tu suives un certain ordre. Si tu le retiens, la chose deviendra vite aisée.
    Et il s’y mit.
    - Et cette poupée russe, par exemple ? Tu sais bien qu’à l’intérieur il y en a une plus petite, et quand tu as en main la plus petite, il faut opérer un retournement mental et te dire que ce que tu vois de la terre correspond à la plus petite poupée…
    - Je ne comprends rien à ce que tu dis !
    - Continue ton chemin. Sache seulement que le danger, c’est de s’arrêter, c’est cela qui pétrifie les fruits, mais aussi le cœur.
    Notre homme a continué sa route. Gageons qu’il cherche encore… Plus la vie pose de questions, plus elle mérite d’être vécue nous dit un sage du Cameroun.
    Conte original IN COLEN, N. , Apprends à apprendre en français, Wavre, Van In, 2002.
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